Un créneau mal négocié, un feu passé de justesse, une portière qui s’ouvre au mauvais moment, et voilà deux voitures immobilisées au milieu de la chaussée. Sur le moment, la tête est ailleurs. C’est justement pour cela qu’il vaut mieux connaître l’ordre des gestes avant d’en avoir besoin. Ce guide reprend ce qu’il faut faire sur place, puis les démarches des jours suivants, ainsi que les erreurs qui reviennent souvent.
Les premières minutes : sécuriser et protéger
Le réflexe le plus important est aussi le plus simple : ne pas rester au milieu de la route. Une fois le choc encaissé, il faut d’abord empêcher qu’un second véhicule ne vienne percuter la scène. Le reste peut attendre quelques minutes.
- Couper le moteur, mettre les feux de détresse, puis enfiler le gilet de haute visibilité avant de sortir du véhicule
- Poser le triangle de présignalisation à 30 mètres au minimum du véhicule, et davantage encore sur une départementale où l’on roule vite : quelques pas ne suffisent jamais
- Appeler le 112 ou le 15 en cas de blessé, et ne pas déplacer une personne blessée sauf danger immédiat
Le gilet, on le trouve souvent au fond du coffre et on se dit qu’on le mettra plus tard. Sur un axe fréquenté, les conducteurs qui arrivent ne voient pas une silhouette sombre au bord de la voie. Une fois le triangle posé, mettez-vous à l’abri derrière la glissière ou sur le bas-côté, loin du trafic, plutôt que de rester coincé entre les deux carrosseries.
Quand faut-il appeler la gendarmerie ou la police ?
La question revient à chaque fois. La réponse tient en deux cas, et l’un des deux ne fait pas débat.
- Blessés, dégâts importants, refus de la partie adverse de remplir le constat, ou désaccord sur les faits : appelez sans attendre le 17 (ou le 112), qui vous orientera vers la gendarmerie ou le commissariat compétent
- Véhicule qui a pris la fuite : relever tout ce qui peut aider, la plaque partielle, la couleur, la direction prise
Un accrochage sans blessé, à deux conducteurs qui s’entendent, se règle souvent sans patrouille. Mais si l’autre conducteur commence à changer de version d’un quart d’heure à l’autre, n’hésitez pas. Un appel coûte moins cher qu’une parole contre une parole.

Constater les faits sans se mettre en faute
Le constat amiable reste le document central. Beaucoup le remplissent sur le capot, avec un stylo emprunté, en oubliant la moitié des cases. Pourtant, c’est ce papier qui racontera la scène à l’assureur, parfois plusieurs semaines plus tard. Prenez donc le temps de le faire correctement, même si la pluie tombe et que tout le monde a envie de rentrer.
Quand le formulaire papier manque dans la boîte à gants, les assureurs proposent une version numérique : la page consacrée à remplir un constat amiable sur smartphone explique comment procéder depuis le téléphone, photos comprises. Le principe reste le même qu’en version papier : chaque partie remplit sa part, puis chacune signe.
- Le contenu du constat : identité et coordonnées des conducteurs, références des assurances, date et lieu, circonstances. Les cases de circonstances (les 17 rubriques à cocher) et le croquis comptent autant que le texte, car ils fixent la version des faits que l’assureur lira
- Ce qu’il ne faut pas faire : reconnaître une responsabilité, signer un document dont on n’est pas sûr, accepter un règlement en liquide sur place
- Photos utiles : position des véhicules, traces au sol, état des chocs, signalisation, conditions de visibilité
- Témoins : coordonnées, et ce qu’ils ont vu, noté pendant que c’est frais. Si vous n’êtes pas d’accord avec l’autre conducteur, mentionnez-le dans la zone d’observations avant de signer
Le croquis est souvent expédié en trois traits brouillons. Or c’est lui qui montre qui roulait sur quelle voie et à quel endroit du carrefour. Un dessin soigné, avec les flèches de direction et les panneaux, vaut parfois mieux que trois paragraphes. Ne signez jamais un document que vous ne comprenez pas. Et si l’autre partie insiste pour régler la somme en espèces sur le trottoir ? Refusez poliment, et notez l’heure de l’échange.
Les démarches dans les cinq jours ouvrés
Le compte à rebours commence dès que vous avez connaissance du sinistre. Le Code des assurances fixe à 5 jours ouvrés le délai pour déclarer un sinistre à son assureur (2 jours ouvrés en cas de vol, 10 jours en cas de catastrophe naturelle). Un week-end et un jour férié, et la semaine se réduit vite. Un retard peut compliquer la prise en charge si l’assureur démontre qu’il lui a causé un préjudice. Vérifiez donc la clause précise dans vos conditions générales, sans attendre le dernier moment.
- Transmettre le constat à son assureur dans le délai prévu, de préférence par un moyen qui laisse une trace (espace client en ligne ou lettre recommandée)
- Déclarer le sinistre avec les pièces demandées : constat, photos, coordonnées des témoins, éventuel dépôt de plainte
- Garder une trace de chaque échange avec l’assureur et avec l’autre partie
Gardez aussi un dossier, papier ou numérique, peu importe, mais complet. Constat, photos, devis, courriers, relevés téléphoniques notés avec la date. Le jour où le dossier passe d’un service à l’autre, ces petits documents font toute la différence.
Le véhicule : expertise, réparation, location
Une fois la déclaration faite, l’expert peut passer voir la voiture. Ce passage est parfois rapide, parfois attendu pendant plusieurs jours. Pour ne pas perdre de temps, préparez les éléments utiles avant sa visite.
- Lors de l’expertise, montrez les dégâts visibles, signalez les anciens chocs éventuels et présentez les factures d’entretien récentes : elles servent à évaluer la valeur du véhicule
- Choisir son garage : libre choix, devis comparés, délais annoncés par écrit
- Véhicule de remplacement : il n’est prévu que si votre contrat l’inclut. Renseignez-vous sur la durée de prise en charge (souvent limitée à quelques jours ou à la durée des réparations) et sur les plafonds journaliers, car ils varient selon les contrats
Le libre choix du garage est un droit, même si l’assureur propose ses partenaires. Comparer deux devis ne prend pas une demi-journée, et cela évite bien des surprises sur la facture finale. Si le délai annoncé par le garage reste flou, demandez-le par écrit.
Les cas particuliers à connaître
Les vitesses varient beaucoup entre les rues de centre-ville et les départementales qui relient les communes alentour de Roanne. Un accrochage à un carrefour peu visible, par temps de brouillard ou à la tombée de la nuit, pose des questions de responsabilité bien particulières. Plus la visibilité est mauvaise, plus il faut de photos, et plus il faut noter les conditions au moment des faits.
- Accrochage sur une route départementale ou un axe fréquenté : photographiez la signalisation, les limitations de vitesse et la visibilité du carrefour
- Accident avec un véhicule immatriculé à l’étranger ou sans assurance, qui oblige à passer par le Fonds de garantie
- Dommages corporels : pourquoi ne pas minimiser une douleur le jour même
Une cervicale qui tire, un poignet qui gonfle, et l’on se dit que cela passera. Or certaines blessures n’apparaissent que le lendemain. Consulter un médecin rapidement protège votre santé, et protège aussi votre dossier.
Questions fréquentes
Faut-il appeler les forces de l’ordre pour un simple accrochage sans blessé ? Pas obligatoirement. Si les deux conducteurs sont d’accord sur les faits et remplissent le constat ensemble, l’intervention n’est pas nécessaire. Dès qu’un doute apparaît, la situation change.
Que faire si l’autre conducteur refuse de signer le constat ? Ne forcez rien. Remplissez votre partie, prenez des photos, relevez les coordonnées de l’autre conducteur et des témoins, puis appelez la gendarmerie ou la police pour faire constater le refus. Votre assureur prendra le relais à partir de ces éléments.
Le bonus de votre contrat est-il touché par un accident où vous n’êtes pas responsable ? En général, non. Un accident dont on n’est pas responsable ne devrait pas peser sur votre coefficient. Les règles varient toutefois selon les contrats et les assureurs, d’où l’intérêt de poser la question par écrit avant de déclarer.